L’origine du mot “café” : un voyage historique

Bienvenue dans un voyage linguistique fascinant à travers le temps. Notre destination ? L’histoire riche et aromatique du mot qui a su éveiller nos sens et nos esprits à travers les âges : »café ». Cette boisson à la fois simple et complexe a marqué la culture mondiale, façonnant les sociétés, stimulant les discussions intellectuelles et forgeant des amitiés. Du matin tranquille à la nuit tardive, le café de spécialité est plus qu’une simple boisson. Il est devenu une institution, une habitude quotidienne, un rituel précieux et un prétexte pour se retrouver.

Dans ce tour d’horizon historique, nous plongerons dans l’origine du mot « café », explorant comment il a voyagé, évolué et s’est adapté à travers les continents et les cultures. Préparez votre tasse préférée, installez-vous confortablement et rejoignez-nous dans cette exploration passionnante.

Tasse à café et livre ouvert sur un lit

Préhistoire du mot café et de l’utilisation de la cerise de café

Plongeons-nous dans les racines du mot « café », qui nous ramènent à l’ancienne Éthiopie. C’est ici que les légendes racontent l’histoire d’un berger nommé Kaldi, qui aurait découvert les effets stimulants des baies d’un certain buisson après avoir observé l’énergie débordante de ses chèvres qui en avaient consommé. De là, les premiers grains de café auraient commencé leur voyage historique, transformant la façon dont le monde se réveille.

Initialement, le café n’était pas la boisson telle que nous la connaissons aujourd’hui. Les tribus éthiopiennes consommaient les baies de café sous forme de boule d’énergie, en les mélangeant avec de la graisse animale. Le mot utilisé pour désigner le café variait en fonction de la région et de la méthode de préparation. Dans certaines régions d’Éthiopie, le café était connu sous le nom de « bunn » ou « buna ».

Au fil du temps, les méthodes de consommation du café ont évolué, notamment grâce à l’influence arabe. Au lieu de mâcher les baies de café, les gens ont commencé à les infuser dans de l’eau, inaugurant la naissance de la boisson que nous connaissons aujourd’hui. Cette évolution a non seulement transformé la façon dont le café était consommé, mais a également joué un rôle dans la transformation de son nom. Ainsi, nous nous tournons vers le Moyen-Orient pour la prochaine étape de notre voyage à travers l’histoire du mot « café ».

Le mot café dans la langue arabe et au Moyen Orient

Alors que le café continuait son voyage depuis l’Éthiopie, il a trouvé un nouveau foyer dans la Péninsule Arabique. C’est ici que le terme « qahwah » est entré en scène. En arabe classique, « qahwah » était à l’origine utilisé pour désigner le vin. Cependant, avec l’émergence de la boisson stimulante que nous connaissons aujourd’hui, le terme a été réapproprié pour faire référence au café.

Pourquoi cette réassignation du mot vin à café ? La réponse réside en partie dans les croyances religieuses et culturelles de l’époque. Dans l’Islam, le vin et autres boissons alcoolisées sont interdits. Le café, cependant, offrait une alternative halal (permise) qui procurait également une certaine forme de stimulation. L’infusion d’eau chaude avec ces grains torréfiés donnait une boisson qui stimulait l’esprit sans enfreindre les règles religieuses. Ainsi, le café est rapidement devenu une boisson populaire parmi les Musulmans, en particulier parmi les soufis (mystique musulman adepte du soufisme) qui l’utilisaient pour rester éveillés pendant leurs prières nocturnes.

Le terme « qahwah » a ensuite évolué en « kahve » en turc, qui était la langue de l’Empire ottoman, une puissance majeure de l’époque qui a largement contribué à la diffusion du café. C’est à partir de là que le terme a commencé à être connu dans toute l’Europe, adoptant de nouvelles formes et orthographes tout en conservant son essence d’origine. La prochaine étape de notre voyage nous emmène donc vers l’Europe pour voir comment « kahve » est devenu « caffè », puis finalement « café ».

Service à café vintage

Première apparition du mot dans la langue française écrite

C’est le missionnaire Jacques de Bourges qui sera le premier, dans une relation de voyage, à décrire le café et à employer la graphie turque pour l’écrire. Le prélat se lance en effet dans un long voyage, avec la bénédiction de Louis XIV, pour venir en aide aux missionnaires français présents dans le royaume de Siam (qui correspond à la Thaïlande actuelle).

Afin de limiter les risques de la navigation, accrue par les guerres en cours au moment du départ, décision est prise de parcourir le trajet à pied, via des caravanes marchandes qui traversent le Moyen Orient et l’Asie pour aller commercer en Inde. C’est au cours de l’année 1661 qu’il traverse l’Anatolie, dont il décrit plusieurs aspects dans ses écrits. On découvre ainsi les phrase suivantes sous sa plume : “Comme l’eau de ses puits est souvent mauvaise et croupie, pour corriger l’incommodité qu’elle cause à l’estomac, les Turcs se servent d’un breuvage qu’ils nomment “caphé”, qui commence à être en usage dans quelques villes d’Europe. Cette boisson est composée d’une petite fève, qui croit dans l’Arabie proche de la Mecque (…) qui se servent de cette boisson au lieu de vin, dont elle imite assez les effets, ayant la propriété de fortifier l’estomac et de faciliter la digestion. Elle a de plus celle de purifier les vapeurs de tête. Ils font rotir cette fève dans une poêle, puis la broie à l’aide d’un mortier, et après en avoir séparé le son par un tamis, on fait bouillir cette farine brûlée et noire dans l’eau durant l’espace d’un Miserere, puis on la boit la plus chaude que l’on peut. Quoique cette liqueur n’ait aucun goût agréable, mais plutôt amer, elle ne laisse pas d’être fort estimé par ces gens pour les bons effets qu’ils trouvent en elle. Ce qui fait paraître le soin que Dieu à de fournir des choses nécessaires pour l’avantages des hommes.”

L’espace d’un Miserere est celui qu’il faut pour réciter le psaume 50, soit environ 2mn. On disait couramment “je reviens dans un Miserere”. Comme on peut le constater à cette époque, la précision de la durée d’extraction n’était pas très précise, contrairement à notre savoir faire actuel pour l’extraction du café !

A partir du passage de l’ambassadeur turc Soliman Aga à Paris au cours des années 1669-1670, la café fera les délices de la cour et de la ville de Paris.

Portrait de Soliman Aga

La France exporte sa graphie du mot grâce à son poids diplomatique

Dans l’Europe de l’époque, le français est la langue usuelle des élites, notamment du fait de la diplomatie. Pays le plus peuplé d’Europe avec une forte rayonnance intellectuelle et culturelle, l’emploi du mot “caphé” puis café en France va dicter la graphie et l’usage du mot dans de nombreuses langues européennes.

L’influence du français en tant que langue de la diplomatie et de la culture à cette époque a favorisé la diffusion du mot « café » dans d’autres langues occidentales. Ainsi, le « café » français est devenu « coffee » en anglais, « Kaffee » en allemand, et « koffie » en néerlandais, pour n’en citer que quelques-uns.

Ainsi, le mot « café », riche de sa complexe et fascinante histoire, a voyagé à travers le temps et l’espace, se transformant tout en conservant son essence, à l’image de la boisson qu’il représente. La prochaine étape de notre voyage nous emmène dans le reste du monde, où nous examinerons comment le mot « café » a continué à s’adapter et à évoluer.

L’exportation de la graphie française de “café” à travers le monde

Comme le café lui-même, le mot « café » a continué à se propager à travers le monde, se répandant avec la même énergie irrésistible que la boisson qu’il représente. Chaque pays, chaque culture, a apporté sa propre nuance à la fois à la boisson et à son nom, mais l’essence est restée la même.

L’extension du mot « café » à travers le globe a été grandement facilitée par les mouvements de colonisation et de commerce des 17e et 18e siècles. Les puissances coloniales européennes, comme la France, le Portugal et les Pays-Bas, ont joué un rôle crucial dans la propagation du café et de son nom en plantant des caféiers dans leurs colonies d’outre-mer. Que ce soit le « café » en Amérique du Sud, le « kofi » en Afrique de l’Ouest ou le « koffie » en Indonésie, on peut tracer l’influence du mot original à travers les continents.

Parallèlement, le commerce mondial a permis la diffusion du mot « café » en dehors des seules routes coloniales. En Asie, par exemple, le mot a été adapté à des langues comme le chinois, où il est devenu « kāfēi », et le japonais, où il est connu sous le nom de « kōhī ».

Ainsi, bien que le mot « café » puisse prendre différentes formes selon la langue et la culture, sa racine commune et son sens universel transcendent les frontières. C’est un témoignage de l’impact profond de l’Histoire sur nos habitudes alimentaires et sur la circulation du langage à travers le globe. A tel point que l’on retrouve le café dans de nombreux aspect de nos journées comme cela peut être le cas des films et séries dans lesquels le café apparaitdepuis de très nombreuses années.

Un sujet de discussion passionnant à aborder autour d’une tasse de café en grain préféré !

Tasse à café posé sur une carte géographique